Le marché de la téléphonie mobile bientôt ouvert aux opérateurs virtuels au Maroc ?


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Alaa-eddine

D’après un article paru dans “La Vie éco” : Barid al Maghrib  (la poste Maroc) compte bientôt devenir opérateur téléphonique, et ce, non pas en installant sa propre infrastructure chose qui le pousserait à faire des investissements phénoménaux, mais tout simplement en achetant des minutes (ou data) en gros pour les revendre aux clients.

Cela implique, que  d’un point de vue légale, les lois devraient être prochainement adaptées pour permettre à un tel opérateur d’exister, l’ANRT doit également donc dire son mot.

Deuxièmement, une fois la loi passée, la Poste ne sera pas le seul opérateur virtuel potentiel, il peut y en avoir d’autres puisque le marché deviendra alors ouvert.

 

Conséquences de l’ouverture du marché mobile aux opérateurs virtuels

Comme dans d’autres pays, une fois le marché accessible aux MVNO (Mobile Virtual Network Operators) on voit affluer un nombre conséquent de ces opérateurs qui ciblent chacun un publique difficilement accessible par les opérateurs classiques, ou jugé pas assez rentable.

La question que beaucoup peuvent se poser est : comment ces opérateurs font-ils pour dégager de la marge alors qu’ils achètent des minutes auprès d’un opérateur hôte ?

Pour comprendre cela il faut décomposer le cout d’une minute de communication :

Pour un opérateur téléphonique classique, et afin de dégager une marge, il doit prendre en compte une multitude de couts : le cout réseau, la maintenance de son infrastructure, les salaires du personnel (agences, commerciaux, techniciens, développeurs …etc), la publicité …etc

On peut en distinguer deux catégories, des couts directement liés à l’acheminement de la communication (ou de la donnée) , et des couts liés au métier d’opérateur (marketing , publicité, agences, commerciaux …etc).

Pour un MVNO le cout de l’infrastructure est  « invisible » , puisqu’il est inclus dans le prix du gros auquel il achète ses minutes auprès de l’opérateurs hôte, il ne s’occupe pas de l’infrastructure …etc

Reste les autres couts, et c’est là où les opérateurs virtuels sont astucieux, il y en a par exemple ceux qui éliminent carrément les couts des agences en fournissant un service de souscription et de paiement 100% en ligne, plus de boutique, plus de personnel pour vendre le service, un personnel réduit est engagé pour la maintenance du portail web …

D’autres opérateurs virtuel utilisent leurs relais existant pour en faire des « boutiques », comme ce pourrait être le cas de la Poste par exemple, cette dernière dispose déjà de bureaux de poste un peu partout avec du personnel déjà en place ; au lieu de construire des boutiques dédiées à la vente des produits mobiles, il suffirait à Barid Al Maghrib de former son personnel à commercialiser ses nouveaux produits et à conseiller les clients potentiel. En plus de la marge dégagée sur le prix à la minute, Barid Al Maghrib ne paierait pas du personnel supplémentaire pour assurer le service.

Un troisième type d’opérateurs virtuels peut proposer des services supplémentaires et spécifiques à ses clients :

  • Téléchargement de musiques gratuit (des magasins comme la fnac peuvent devenir MVNO et le proposer par exemple)
  • Service consommateur (Marjane pourrait devenir MVNO et le proposer)
  • Une banque pourrait offrir un système de gestion de compte et de paiement en ligne gratuit à ses clients mobiles …

Les opérateurs mobiles virtuels les plus astucieux peuvent dégager des marges très confortables que pourraient même leur envier leurs opérateurs hôtes. Le tout est de savoir penser ses offres, et les commercialiser efficacement en ciblant le bon publique.

Quel intérêt  pour le consommateur

 Pour le client finale, le bénéfice est double, d’un côté les MVNO ont tendance à cibler des catégories de clientèle pour lui offrir des forfaits sur mesure, chose qu’un opérateur normal ne fait pas car juge non rentable : exemple, une offre d’abonnement pour les tout petits budgets comme les étudiants ou les familles à revenus modestes.

D’un autre côté, si les MVNO font bien leurs boulot ils vont permettre de tirer les prix vers le bas et ainsi créer une nouvelle concurrence aux opérateurs classiques.

Les opérateurs vont-ils  accepter cette nouvelle concurrence ?

Ils ne se laisseront surement pas faire facilement, mais si les lois régissant le marché des télécoms changent en faveur des MVNO et si l’autorité de régulation des télécommunications (l’ANRT) l’approuve, ils vont devoir s’y plier.

Et ce n’est pas une si mauvaise affaire pour eux, car après tout cela va leur permettre de vendre un volume de minutes  qu’ils n’auraient probablement et de toute manière pas vendus si un opérateur virtuel n’était pas là pour les commercialiser.



 

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  • Merci pour cette analyse très claire pour ce phénomène vécu il y a déjà quelques années en France, et qui connais actuellement un processus inverse : on parle mnt de rachat d’opérateur virtuel par les grands comptes.