e-gouvernement : Le Maroc à la traine !


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Alaa-eddine

NTIC Maroc 2013

126ème c’est le classement du Maroc sur 192 pays en matière d’e-gouvernement selon l’ONU.
pourquoi un bilan aussi médiocre ? est-ce faute de moyens, ou de compétences ? Décryptage.

Les faits

Dans son indice “2010 UN Global E-Government readiness survey”, l’ONU évalue le degré d’application des technologies de l’information et de la communication (TIC) par les administrations publiques de manière à améliorer leurs prestations de services.

En gros, si les administrations et services publiques disposent de sites web, si ces derniers sont opérationnels, accessibles, faciles d’utilisation, exploitable ou pas (données à jours) …etc

Cet indice a classé le Maroc 126ème sur 192 pays, derrière Tunisie (66ème), Oman (82ème), l’Égypte (86ème), le Liban (93ème) et la Libye (114ème).

État des lieux

Nous allons prendre en compte un échantillon de sites gouvernementaux officiels. ces derniers sont identifiable par l’extension .gov.ma.
Une méthode simple pour avoir une liste des sites gouvernementaux est d’utiliser google avec la requête : site:gouv.ma

Le constat est le suivant : au niveau du design, une grande partie des sites gouvernementaux s’en sort bien, très bien même pour certains. malheureusement pour la plupart, on a l’impression que l’ergonomie à été oubliée aux profit du beau design : polices trop petites, textes tronqués, menus de navigation difficiles à retrouver ou à utiliser, voir parfois des rubriques vides ou incomplètes.

Du coté des contenus, c’est à peu prêt le même constat, le contenu existe mais du contenu qui date, ce qui donne l’impression que le site n’est pas maintenu, ou négligé. Pour les sites de services c’est encore pire, ces derniers ne proposent tout simplement pas de service ! quand je parle de services ici je parle des possibilités de demander un extrait d’acte de naissance par exemple ou simplement des formulaires administratifs que je peux remplir en ligne puis imprimer et envoyer par la poste au service en question.

Techniquement les sites gouvernementaux marocains sont hétérogènes, on retrouve des sites en ASP.Net, en JSP, en PHP et même en ASP, certains utilisent des CMS Open Source. Ceci laisse croire qu’ils sont réalisés par des sociétés ou des webagency différentes, ce qui n’est pas un mal en soit.
Mais en regardant de plus prêt le code HTML, on se rend compte que les bonnes pratiques de conception des sites web sont passés à la trappe : optimisations pour les moteurs de recherches quasi inexistantes, des oublis de bout de codes ou de commentaires dans le code … ce qui est loin d’être un travail professionnel, j’ai même trouvé un site gouvernemental hébergé sur un serveur KIMSUFI (serveur bas de gamme que propose un hébergeur Français et qui n’est pas du tout destiné à une utilisation professionnelle !).
Mon explication est que certains sites – pas tous qu’on soit bien d’accord – sont confiés à des agences Web, et non à des sociétés spécialisées en informatique. On ne peu pas reprocher à une agence web un manque de connaissances de la partie technique ce n’est pas son métier ! par contre on peut tout à fait reprocher au gouvernement le manque de contrôle technique de ces sites.

En résumé

Le bilan n’est pas catastrophique, il y a une volonté réelle pour développer le e-gouvernement Marocain, mais j’ai l’impression qu’on ne se donne pas tous les moyens nécessaires, comme si les systèmes d’informations jouaient encore un rôle marginal au sein des services publiques.
Pour que le e-gouvernement réussisse son défit, il faut croire en l’efficacité et au retour sur investissement qu’offriront des e-services, utiles, ergonomiques et efficaces.
Aussi faut-t-il considéré qu’un site web est un chantier tout comme un bâtiment, on ne peut se permettre de construire une belle façade si les fondations ne sont pas solides, ou si le bâtiment n’est pas de murs porteurs. on ne peut pas construire non plus un bâtiment sans portes ou sans fenêtres … et une fois la construction terminée, il ne faut pas négliger les finissions pour rendre ce bâtiment agréable à vivre.

Objectif Maroc 2013, le chemin sera long, mais on y arrivera inchallah 😉



 

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  • salam que de chantiers ouverts ‘A LA HATE ‘ sans études préalables !!!…..ne dit on pas:une poignée d’ABEILLES est plus utile qu’un couffin de MOUCHES ?? que DIEU-soit loué-vous aide AMEN!!

  • Lefort

    Bonjour
    jamais le Maroc ne refera son retard manque de volonté manque de cohérence dans les projets , drôle de mentalité, immobilisme chronique , aucune communication essayer d’envoyer un mail à une administration ou une société marocaine JAMAIS DE REPONSE!!!! etc….3 ans au Maroc et nous n’avons rien vu bouger que de belles phrases sur du papier!
    Cordialement

  • Alaa-eddine

    Ce ne sont malheureusement pas les moyens qui manquent…
    Mais c’est toute une mentalité à changer, une culture numérique à injecter dans tout le système.
    L’immaterialisation des moyens de communication n’est jamais facile, c’est pour celà que le plan Maroc Numéric – s’il veut atteindre ces objectifs – ne doit pas négliger l’aspect formation, encadrement et accompagnement. la mise en place des moyens techniques ne suffit pas.

    Concrêtement, au niveau d’une entreprise, celà se traduit pas la revue totale de tout les processus de gestion, d’approvisionnement, de facturation, de service après vente, de ressources humaine … et ce n’est jamais facile de convaincre une entreprise de changer un système qui fonctionnait jusque là.